Les restaurants chinois ajoutent des herbes pour la santé

Un succès naturel !

Il est 18h30 un lundi soir, et le restaurant chinois aux herbes est bondé. Li Lian Xing, l’herboriste titulaire d’un permis d’exercice, mesure les herbes et pèse soigneusement chaque ingrédient qu’il a pris dans les tiroirs d’une belle pharmacie en bois. Quand les herbes sont prêtes, il les envoie au chef qui s’en sert pour préparer les repas.
Ce n’est pas un restaurant ordinaire. En plus des plats standards comme le poulet épicé sauté aux noix et le bifteck de flanc à l’écorce d’orange, le menu propose des plats comme le champignon tête de singe à la racine de vesce du lait, qui est censé améliorer le teint et la mémoire ; la poire cuite à la vapeur, à la poudre de fritillaire pour nourrir le poumon et la crème aux noix pour préserver la couleur des cheveux et réduire le cholestérol.

À une époque où de nombreuses personnes sont devenues plus soucieuses de leur santé et examinent leur régime alimentaire, il n’est pas étonnant que le restaurant chinois aux herbes médicinales attire de grandes foules. Bien que les herbes médicinales soient utilisées dans un certain nombre de pays, les Chinois vont plus loin que la plupart des autres, estimant que des ingrédients spécifiques dans les aliments et les herbes peuvent avoir un effet bénéfique sur la santé.
Contrairement au Chinese Herbal Restaurant, la plupart des restaurants chinois ne précisent pas systématiquement les avantages que l’on croit découler de certains plats. Mais ils offrent des délices qui sont savourés non seulement pour leur saveur, mais aussi pour la promesse de bienfaits pharmacologiques. Par exemple, l’aileron de requin est censé maintenir la jeunesse, tandis que l’ormeau est réputé pour stimuler l’appétit, apaiser les poumons et améliorer la vue.

L’influence et les bienfaits de cette cuisine ancestrale

Selon une étude publiée récemment dans le New England Journal of Medicine, les Américains manifestent un nouvel intérêt pour les formes non conventionnelles de thérapie médicale. Mais pour les Chinois, la phytothérapie est une tradition qui remonte à l’Antiquité chinoise, lorsque l’empereur mythique Shen Nong, à qui l’on attribue l’introduction de l’agriculture en Chine vers 3 000 ans avant notre ère, fut fasciné par les propriétés thérapeutiques de diverses plantes. Selon la tradition, Shen Nong a établi la théorie du yin et du yang, le récessif et le dominant, le négatif et le positif, une croyance qui est devenue le fondement de la culture et de la philosophie chinoise.

Peu à peu, Cette pratique est utilisée dans les régions des États-Unis où il y a des résidents chinois ou où l’on s’intéresse à la phytothérapie. Alice Ng, diététiste professionnelle au South Cove Community Health Center de Chinatown à Boston, combine sa formation occidentale avec sa sensibilité orientale dans le traitement de ses patients. Comme les anciens médecins, elle interroge d’abord les patients sur ce qu’ils ont consommé au cours des dernières 24 heures, puis prescrit des aliments en conséquence.
De plus, Les plats à base d’herbes chinoises sont souvent délicieux et à peine toniques. Un dîner récent au restaurant chinois aux herbes a commencé par un plat de pétoncles séchés avec une mousseline de blanc d’œuf dans des nouilles frites au nid d’oiseau, pour une énergie rapide. Les crevettes frites aux fleurs de jasmin étaient suivies de poissons aigre-doux au bulbe de lys pour apaiser les nerfs. Les côtes d’agneau cuites au four avec des mûres de loup de Chine étaient censées revigorer le corps. La soupe aux poires avec de la poudre de fritillaire était destinée à apaiser la gorge et l’estomac.